Chapeaux ! Un panama peut en cacher un autre… (3) le sombrero pintado – suite

Publié le par Michel Lecumberry

    Il existe un grand nombre de modèles différents, les artisans font preuve d’habileté mais aussi d’imagination. Généralement, il y en a au moins deux à la maison, celui pour le travail et un ou plusieurs autres, plus fins, réservés pour des occasions particulières. Quelques classiques sont à citer.

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   Le « Sombrero Mosquito » (chapeau moustique) très tacheté de talcos noirs reste le préféré des paysans. Le "tumba hombre" (celui qui fait tomber les hommes), blanc avec des tours noirs, se porte pour faire la fête. Comme l’homme qui a un peu trop abusé du rhum tombe à terre et se recouvre le visage de son couvre-chef pour cuver plus tranquille, il n’y avait qu’un pas pour rendre le chapeau responsable de cette chute…

   Autrefois, lorsqu’une femme perdait un de ses proches elle faisait réaliser un chapeau particulier appelé le "riata", porté en signe de deuil et surnommé le "chapeau des veuves". D’autres modèles sont réservés à des cérémonies religieuses.

   Autre coutume, un jeune homme amoureux fera confectionner un sombrero pintado pour l’offrir à sa promise. L’intensité de son amour sera mesurée au nombre de talcos

Autre classique, le chapeau entièrement blanc dit de style "ocueño" (se prononce ocouégno) porté par les hommes et femmes de la région de la ville de Ocú. Un modèle approchant : le "tejido marsella" (fait référence à la ville de Marseille) rappelle la présence des Français de l’époque du Canal.

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  Très important aussi : la façon de porter le pintado répond à un code particulier et complexe.

   Par exemple, si l’aile à l’arrière du chapeau est relevée, le monsieur se présente comme une personne réfléchie et sera plutôt amical. L’aile relevée sur un coté (on peut penser à des photos d’Errol Flynn) il s’agit vraisemblablement d’un Don Juan. Relevée sur le devant, "je suis travailleur" et peut-être "un peu sourcilleux", mais si en plus il est porté en arrière et très haut sur le front, là c’est plus que sourcilleux, il vaut mieux prendre ton téléobjectif pour faire une photo sans risque…

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   Le Sombrero Pintado, à l’origine chapeau du paysan, a peu à peu conquis différents niveaux de la société panaméenne* étant toujours porté avec fierté. Il est devenu le signe d’un lien culturel, d’une identité commune. Il est omniprésent lors des manifestations folkloriques, faisant parti du costume traditionnel des hommes. Les jeunes panaméens le portent avec assiduité que ce soit aux champs ou lors des fêtes. Depuis quelques temps, ce chapeau commence à séduire les touristes européens.

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   Expert en ce qui concerne le folklore national, auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, le professeur De Léon Mandariaga considère que le Sombrero Pintado en est devenu un élément essentiel. Il souligne de plus que le chapeau est confectionné avec amour et fierté et qu’il exprime un sentiment patriotique très fort.

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Autre avantage du sombrero pintado, il peut se porter avec ou sans lunettes...

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* on voit parfois des hommes politiques et des entrepreneurs porter ce couvre-chef.

 

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Vaslin-Bénard Lionel 04/04/2011 18:40


Bonjour , je suis négociant grossiste en marchandises équitables , et , je cherche des contacts avec des personnes voyageuses , qui , pourrait me renseigner sur les artisans créateurs de véritables
chapeaux faits à la mains . Je trouve votre reportage admirable , et , il me donne envie de voyager . Merci d'avance pour votre réponse . AMICALEMENT , Lionel .


serge 14/01/2011 22:56


Tres interessant article Michel.
De retour a la plume, ou plutot au clavier !
La situation s'est amelioree a Portobelo ?