Interview du blogueur par Jean-Chistophe Henry

Mon ami Jean-Christophe, qui publiera des articles sur ce blog, a voulu me faire jouer à "l’arroseur arrosé". Il a donc testé sur moi quelques  questions des futures interviews que je pense réaliser pour le blog. Je ne pouvais pas me défiler.

Bonjour, Michel

Pourquoi et comment es-tu venu au Panamá? Et pour quelles raisons es-tu resté?

   Le comment, il correspond tout à fait à la "chronique de la naissance annoncée de ce blog" déjà publiée. Pas la peine que je te raconte à nouveau le voyage qui m’a conduit jusqu’ici.

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Pour le pourquoi, va savoir… Le voilier est resté aimanté trois ans, façon effeuillage de marguerite, au cœur de cet archipel de rêve habité par les Kunas. Un des derniers peuples qui essayent de résister de toute leur âme au rouleau compresseur de la sauvage mondialisation. Tous les deux ou trois mois nous voguions, aller-retour à Portobelo, histoire de nous réapprovisionner dans les supermarchés du monde que nous avions abandonné. C’est ainsi que nous avons peu à peu rencontré toutes les autres facettes du peuple panaméen, et que nous avons choisi de vivre quelques temps ici, à Portobelo, plus de quatre ans sont déjà passés…

   Notre pourquoi est sûrement à rechercher tout autour. Caché un peu partout dans ce beau pays qu’est le Panamá, au cœur d’une population fruit d’un fabuleux "melting pot". 

   Ce blog est peut-être né pour m’aider à le trouver… je pourrai peut-être te répondre un jour… qui sait ?

Durant ces années, ton plus beau coup de cœur ?

   Tu penses bien que durant ces huit années, il y en a eu beaucoup des coups de cœur. Et c’est supplice que de choisir. Alors, parlons du tout premier.

   Nous sommes, depuis hier après midi, ancré auprès de ce petit îlot magique, nous "robinsonons" déjà. Le voyage nous a appris à faire ça, c’est un reflexe pavlovien… Le soleil vient de quitter sa couette, le café parfume encore l’alizé aux senteurs africaines, quand un petit point coloré sort de l’horizon emplumé de forêt équatoriale. Visiblement il vient vers nous, prend forme, c’est une pirogue !

san blas4    Lui, à l'arrière, semble petit mais manie la pagaie avec adresse et puissance, son sourire et ses yeux rieurs déboulent en préambule. Elle, encore plus petite, mais tout aussi souriante dans son flamboyant costume traditionnel orné des fameuses "molas", restera sur la pirogue, elle ne parle pas espagnol. Pricilio montera à bord partager notre premier café aux San Blas. C’est un passionné de voile, il est barreur sur "Titanic", la pirogue de sa famille qui remporte souvent la coupe de la régate annuelle. Il est curieux de tout, rigole encore plus qu’il ne parle, pas peu dire… L’alizé va l’aider pour rejoindre leur village. Il plante un mât plus que rustique, hisse une voile improbable, patchwork de bric et de broc, prend vite le vent. Sa femme, les fesses caressant le bleu turquoise, est au rappel. Sans le vouloir ils nous donnent une leçon de navigation…

   Ont-ils oublié à bord de "Txango" un charme, un envoutement, un gri-gri de leur shaman ? Nous irons bientôt au village pour répondre à leur invitation et y frôlerons de trop près le fameux aimant. Nous le laisserons faire son sympathique boulot d’attraction. Fameux magnétisme, il tiendra bon trois ans.

   Parfois, je vais encore aux San Blas pour partager ce genre de coups de cœur avec les touristes émerveillés que j’accompagne.

 Par contre, y a-t-il, un coup de gueule que tu aurais aimé pousser ?

   Non, je me sens ici au Panamá, comme un invité. Si un jour l’occasion se présentait, j’irais sur la plage et pousserais mon coup de gueule face au vent, ce qui de toute façon aurait, je pense, le même résultat.  On ne change pas les hommes. Et je choisirais de partir vers d’autres horizons.

Que dirais-tu à un ami pour l’inciter à venir passer des vacances au Panamá ?

   Confiant en son amitié, je lui dirai : viens ! Et c’est sûr, il viendrait. Mais là je biaise, ta question veut sûrement dire que dirais-tu à quelqu’un, ami ou pas. Je lui dirais : viens te balader un peu sur ce blog. Il serait étonnant que tu n’y trouves pas quelques bonnes raisons de venir voir sur place pourquoi mes amis rédacteurs et moi aimons ce pays.

Si tu partais un jour, trois images que tu emporterais dans le cœur ?

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Les lumineux regards des enfants indigènes

Mon émotion lors de la première Inna Suit (fête traditionnelle de la puberté des jeunes filles) à laquelle mes amis Kunas m’ont convié

Un coucher de soleil dans la baie de Portobelo, face à la petite maison que nous habitons.

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