Tourisme au Panama, circuit d'une semaine - (2) La région de Colon

Publié le par Michel Lecumberry

  Deuxième journée. Sur les traces des conquistadors et des pirates et visite des Ecluses du Canal à Gatún.
  
Cette journée se déroule près de Colón, la deuxième ville du Panama, à l’entrée du Canal du côté Atlantique. On peut s’y rendre soit par l’autoroute, soit en prenant le train Panamá-Colón. La première option, en voiture ou bus express, ce sont quelques 70km en un peu moins d’une heure, sans rien de vraiment remarquable question paysages. A signaler quand même, à l’approche de Colon, quelques vues sur le fleuve Chagrés et sur le lac Gatun en contrebas sur la gauche.

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   La deuxième possibilité, c’est le train. Unique ligne de chemin de fer du pays qui longe le Canal pour relier les deux villes. Passent ici, jour et nuit de longs chapelets de wagons porte-containers, c’est le dit "canal sec". Les jours ouvrables, un train de voyageurs circule une seule fois par jour pour un aller-retour. Panama-Colon le matin à 7h15 et retour l’après-midi 17h15, le trajet dure une heure. Il est surtout emprunté par des personnes qui travaillent ou visitent en tant qu’acheteurs la Zone Libre de Colon, deuxième zone franche au monde après celle de Hong Kong. En 1998, lors de l’attribution de la concession à la compagnie privée Panama Canal Railway, le gouvernement panaméen a imposé un wagon surélevé spécialement aménagé pour les touristes. 

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   Effectivement le trajet est agréable, si l’on exclut le fait que, climatisation post-présence-étasunienne aidant, l’on puisse parfois se croire dans le Transsibérien en panne de chauffage. Heureusement il reste les plateformes à l’air libre qui permettent par ailleurs de faire de belles photos. Ne pas croire, comme le laissent à penser quelques agences de voyages en France, que le tortillard se faufile de bout en bout collé-serré au chemin aquatique des porte-containers et autres bateaux de croisières. Au début du trajet, certes la vue sur le Canal est intéressante. Avec un peu de chance des navires en transit mais aussi des installations techniques, le jeu d’écluses de Pedro Miguel ou encore le pont du centenaire à l’horizon, agrémentent le voyage durant un quart d’heure. Mais ensuite, avant de retrouver le Canal, à peine entrevu aux abords de Colon, défilent de superbes paysages entre forêt et lacs, faisant oublier l’absence visuelle du cher Canal. 

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   Colon. Cette ancienne ville coloniale se trouve de nos jours dans un état de délabrement avancé et n’offre, disons-le, aucun intérêt particulier. De plus elle doit être considérée comme dangereuse. Si vous arrivez en train, évitez de sortir à pied de l’enceinte de la station terminale, il faut prévoir un véhicule pour faire les visites de la journée. On trouve là des taxis agréés "tourisme" qui vous proposent des tours. Si vous préférez louer, vous rendre en taxi à "Colon 2000", port sécurisé des bateaux de croisières, où il y a des agences : Hertz, Budget et Thifty. Hertz, sur demande lors de la réservation, peut faire venir le véhicule à la gare.
  
A 10 minutes de là, se trouvent les écluses de Gatun. Compte tenu du timing des passages de navires, il y a des moments de la journée où, durant une heure environ, ne passent aucun bateau*1. La tranche horaire avant 10 h est généralement propice à l’observation de navires qui descendent du lac Gatun, en empruntant les trois chambres d’écluses successives, pour reprendre leur navigation sur l’océan Atlantique. Gatún, est à mon avis le meilleur endroit pour assister au passage des navires. D’une part, la proximité des bateaux est telle que l’on peut parler avec les marins qui sont à bord (bien sûr si l’on a pris chinois ou coréen en option au lycée…) et d’autre part les trois chambres d’écluses sont ici regroupées. Sous vos yeux les navires montent ou descendent de 26 mètres environ. A gauche, le lac Gatun et à droite l’océan. Alors que côté Pacifique, on trouve deux chambres d’écluses à Miraflores, que l’on peut visiter, et une seule plus loin à Pedro Miguel, séparées par un petit lac.

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   Le Fuerte San Lorenzo*2. Les ruines de ce fort de la Conquête Espagnole se trouvent à l’embouchure du Río Chagrés. Le site est absolument superbe et mérite une visite, d’autant que pour s’y rendre on traverse la forêt du parc national. En attendant la fin des travaux du futur pont, construit non loin des écluses par l’entreprise française Vinci, il faut emprunter une étroite passerelle située juste au dessous des portes des chambres inférieures. Elle s’escamote lorsqu’un navire entre ou sort. Il peut donc y avoir un peu d’attente à l’aller comme au retour, mais il y a toujours un impressionnant spectacle offert.  

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   Si tout se passe bien dans la matinée, il est possible de rejoindre Portobelo*3 pour y déjeuner*4. Il faut consacrer au moins une heure ou deux à la visite de ce village on ne peut plus historique. Portobelo était du temps de la colonisation l’une des deux villes les plus importantes commercialement, l’autre étant Veracruz au Mexique. Ne pas manquer: le magnifique bâtiment style Renaissance de la Douane Royale avec son petit musée, les ruines des forts San Jerónimo et Santiago de la Gloria, datant du 18ème siècle, et la statue du Christo Negro dans l’Eglise San Felipe. 

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  Si vous venez durant la période du Carnaval, vous assisterez sûrement à des manifestations de Congos, ceux-ci perpétuent la tradition de leurs ancêtres, les esclaves marrons, réfugiés dans la forêt tropicale*5.
  
Vous pouvez dormir sur place, ou dans les environs, pour vous rendre le lendemain dans un village proche d’Amérindiens Emberas, sujet du troisième jour de ce circuit.

A suivre

Retour sur le premier jour du programme

Notes :
*1- voir ici la série d’articles consacrés au Canal de Panama
*2- articles consacrés au Fort San Lorenzo
*3- série d’articles concernant Portobelo
*4- se reporter aux articles à venir prochainement sur les hébergements et restaurant de Portobelo et environs.
*5- plusieurs articles de la rubrique "Coutumes, folklore et fêtes" sont consacrés aux Congos.

Publié dans Tourisme au Panamá

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