Tourisme au Panama, la région de l'Azuero

Publié le par Michel Lecumberry

      Nous sommes déjà venus dans la péninsule de l’Azuero pour évoquer la Fête du Corpus Christi de la Villa de Los Santos. Avant d’y refaire une balade pour assister au Festival del Manito de Ocú, une des manifestations folklorique les plus anciennes du Panama, il est peut-être utile et logique de donner quelques infos sur cette région.
   Comme on peut le voir sur la carte, cette péninsule s’avance dans l’Océan Pacifique au sud de la partie centrale du pays. Elle est composée en grande partie par deux provinces limitrophes, celle d’Herrera et celle de Santos, qui la rendent captivante à plus d’un titre.
panama-azueropanama-azuero-2       Historiquement d’abord, entre la période précolombienne et l’époque récente, cette région a été d’un apport constant et très important dans la genèse du Panama. Nous l’évoquerons en détail dans un chapitre de la rubrique "Histoire", mais il faut savoir qu’au temps de la colonisation espagnole elle fût peuplée par des opposants au retour de l’esclavage des indigènes qui vinrent se réfugier ici. Ainsi, elle deviendra le berceau d’un courant libéral.
      Pour la flore et la faune, la péninsule est extrêmement intéressante. Son climat, sa géologie et son relief sont à l’origine de peuplements très variés. Des contreforts de la cordillère aux mangroves du littoral du Pacifique en passant par la savane de la partie continentale, le contraste entre les paysages offerts est spectaculaire. Dans les environs de la ville de Chitré on peut même passer en quelques kilomètres des marécages de Las Macanas au "désert" de Sarigua…
      Cette grande biodiversité se retrouve également dans la faune. Il est impossible d’énumérer toutes les espèces d’oiseaux que l’on peut observer, mais retenons en vrac: les aras (guacamaya rojo y guacamaya verde), perroquets, colibris, aigles, éperviers et une grande variété de limicoles et échassiers, sédentaires ou migrateurs. Hélas, ici aussi des espèces endémiques en voie d’extinction, en particulier la perruche carato. Pour les mammifères, citons le jaguar, le puma, l’ocelot, cinq espèces de singes, les caïmans et crocodiles sans oublier les reptiles. Et terminons en signalant l’extrême diversité de la faune marine, entre autres : baleines, dauphins et grande variété de tortues.      Cette région de l’Azuero est également importante et intéressante en ce qui concerne le folklore et l’artisanat. Les Santeños sont très attachés à leurs traditions et coutumes. C’est ici qu’ont lieu les carnavals les plus typiques du pays et les festivals traditionnels les plus anciens. Citons les plus réputés : la Fête du Corpus Christi de Los Santos, le Festival del Manito de Ocú, le Festival de la Pollera de Las Tablas et le Festival de la Mejorana de Guararé. C’est dans cette région que se trouvent également les ateliers artisanaux qui élaborent les vêtements, chapeaux et souliers pour les participants aux manifestations folkloriques d’origine espagnole de tout le pays. En particuliers les fameuses "polleras"*1 dont nous parlerons dans de prochains articles consacrés à ces diverses tenues traditionnelles.
      Dans les petites villes de la côte, La Villa de Los Santos, Las Tablas et Guararé, on visitera avec intérêt de petits musées et des églises. En particulier celle de Guararé consacrée à Santa Librada, la Vierge crucifiée.
      Enfin, et c’est peut-être par ça que j’aurais dû commencer, l’accueil des habitants de cette région est exceptionnellement sympathique et agréable. Le Santeño*2 est descendant des colons espagnols qui ont défriché cette terre pour la cultiver et y pratiquer l’élevage. Il a mille raisons d’en être fier. Il suffit de pénétrer dans la jungle qui subsiste au Panama et d’admirer ses arbres gigantesques, ses épineux menaçants et ses animaux pas toujours plus accueillants pour imaginer l’ampleur et la difficulté de la tâche, à une époque où tronçonneuses et bulldozers s’appelaient machettes et haches. Le métissage avec les indigènes n’a dû faire qu’accroitre cet attachement viscéral à leur terre et à leurs traditions. On a gardé des valeurs de partage et d’entraide, on aime à fleurir les abords de sa maison, on aime faire la fête autant que l’on est dur au travail, façon aussi de dire : on aime recevoir les visiteurs.
   Alors, que ce soit pour assister à un Carnaval d’anthologie, pour visiter les réserves naturelles ou pour aller surfer les belles vagues des plages du Pacifique, si la durée de votre séjour touristique vous le permet, consacrez sans hésiter deux ou trois jours à visiter l’Azuero. Un des trésors du Panama.

Notes
*1- étymologiquement la jupe, par extension le vêtement traditionnel féminin qui diffère suivant les régions et coutumes.
*2- Le santeño (prononcer santégno) est par définition l’habitant de la Provincia de Los Santos, mais on en trouve un peu partout dans le pays, il n’hésite pas á émigrer vers des régions retirées (par exemple le Darién) pour trouver de meilleures terres à défricher.

Publié dans Tourisme au Panamá

Commenter cet article

guignier 02/02/2017 01:15

Bonjour, nous recherchons à observer la faune (aras,crocodiles..) dans la presqu'île île de azueroà connaissez vous des sites plus riches et des endroits à privilégier,merci

michel-lecumberry 08/04/2017 18:41

Bonjour, merci de votre lecture et de votre consultation. Pour observer au mieux la faune du Panama, sans comparaison possible : le Darien (voir les articles du blog, en particulier dans la rubrique 1000 et une photos, faune du Darien). Bon voyage au Panama. Cordialement. Michel