Salsa de Panamá, Rubén Blades

Publié le par michel lecumberry

   Pour inaugurer cette nouvelle rubrique “musique”, une de mes passions, je me vois mal ne pas choisir comme sujet le plus connu des artistes panaméens, j’ai nommé Rubén Blades, le "salsero engagé".

p1110474    Homme protéiforme, né à Panamá en 1948 de parents modestes musiciens amateurs, il portera tour à tour différentes casquettes*, parfois en les superposant: chanteur amateur, avocat, docteur en Droit International d’Harvard School, chanteur de salsa avec Ray Baretto ou Willie Colón, candidat écolo aux élections présidentielles de 1994, acteur de cinéma à Hollywood, ambassadeur du Panamá à l’ONU, auteur-compositeur-interprète de salsa engagée avec son groupe Seis del Solar, ministre du tourisme et plus…

    Détails de sa bio sur Wiki fr

     Les hispanophones trouveront une bio plus intéressante sur Wiki en espagnol

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  Après être passé chez Ray Baretto, sa rencontre en 1975 avec le saxophoniste rebelle Willie Colón lui permet de réaliser son projet musical, faire que la salsa parle non seulement au corps mais également au cerveau du public. Les critiques disent que pour la musique dite salsa il y a un avant et un après "Siembra"**, son album de 1978. Ce disque reste une des références du genre et la chanson "Pedro Navaja" un succès intemporel. Cette véritable nouvelle réaliste de quelques minutes est de la même veine que "Conception" de Charlebois (Charlebois, 1972) ou encore "Monsieur Williams" de Caussimon et Ferré, l'aspect social en plus. Lavilliers s’en inspira pour composer "Pedro-la-lame" (O gringo, 1980). C’est également dans cet album que Rubén Blades commencera à écrire des textes plus engagés (Siembra, Plástico...) cherchant à faire prendre conscience d’un besoin d’union des pays d’Amérique Latine et de la nécessité d’accomplir un projet d’hispano-américanisme inspiré de Simón Bolívar. Siembra reste le disque de salsa le plus vendu dans le monde. Suite à des différents avec la maison de disque Fania qui a produit le disque, et dont il se séparera, Rubén Blades enregistre en 85 une suite du tube "Pedro Navaja", dans son album "Escenas": Sorpresas (Pedro Navaja II)

  Par la suite, ces thèmes seront récurrents dans ses productions avec le groupe Seis del Solar (qui deviendra Son del Solar) au cours des années 80.

 

   Ses activités politiques ne l’empêcheront pas de poursuivre et diversifier ses créations musicales en rencontrant d’autres musiciens tels que le groupe los Fabulosos Cadillacs ou plus récemment Spanish Harlem Orchestra

   Visiblement, vers la fin de sa charge de Ministre du Tourisme, la scène lui manquait cruellement. A peine libéré de ce poste en juillet 2009, Rubén Blades tombait la cravate et entamait en août une grande tournée: Puerto Rico, Mexique, Argentine, Pérou, Venezuela, Etats Unis et Panamá. Pour ses nombreux fans, ce grand salsero publie régulièrement des articles, interviews et photos dans son blog.

   Nous évoquerons dans de futurs articles son activité en tant que ministre du tourisme sous la présidence de Martin Torrijos et sûrement aussi sa carrière d’acteur de cinéma.

 

 

 

Notes:

*pour lui, je devrais plutôt parler de chapeaux, le type de couvre-chefs qu'il affectionne particulièrement...

** trad."Semailles"

Crédits photos et vidéo:

la vidéo est mise en ligne sur Youtube par eizzat

les photos de Rubén Blades sont extraites du catalogue photos de son blog

 

 

 

 

 

Publié dans Musique

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