La musique et les danses des Kunas du Panama

Publié le par Michel Lecumberry

  Comme son ulu, la musique et les chants accompagnent chaque moment important de la vie d'un Kuna, de la naissance à la mort.

  En vous promenant dans un village vous entendrez souvent des chants qui, se faufilant entre les bambous des parois, s'envolent des huttes. Ici, un grand-père invoque par sa mélopée un nuchu pour que son petit-fils, qui semble s'ennuyer un peu près du mortier où brûlent quelques graines de cacao, soit très brillant à l'école. Plus loin, une mamie, s’accompagnant du bruissement scandé de sa maracas, chante une berceuse au rythme du balancement de son hamac partagé. Passant près de la Maison du Congreso, vous pourrez surprendre le dialogue psalmodié de deux vieux Sahila se transmettant dans la pénombre des chants sacrés.

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  Il y a deux sortes de chants traditionnels. Ceux dits "spécialisés", qui requièrent un don particulier, une mémoire hors du commun et un long apprentissage. Ils transmettent la tradition religieuse et culturelle et accom­pagnent des rites tels que les fêtes de la puberté ou les cérémonies funé­raires. Ils ont aussi un rôle très important dans la pratique de la médecine et de l'exorcisme, permettant aux Nele de s’adresser aux divinités.

  Les autres chants pourront être interprétés par tous les Kunas, plus ou moins doués… pour accompagner la construction d'une maison, l'édu­cation des enfants ou des activités quotidiennes, la pêche, la vannerie, la récolte du riz, la couture des molas etc.

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  La musique et les danses interviennent essentiellement au cours des cérémonies de la puberté. Mais aussi, plus récem­ment durant des festivals organisés pour sauvegarder ces danses traditionnelles qui avaient tendance à disparaître. Un festival annuel, qui à lieu au village de Tigre, rassemble des groupes de danseurs venus de différents villages. Avec un peu de chance, lors de la visite d’un village, vous pourrez assister à des répétitions. Cela vient de se produire il y a quelques jours pour des touristes que j’ai eu le plaisir d’accompagner aux San Blas pour une visite du village Ukup Seni, d’où nous avons pu rapporter quelques photos.

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  La flûte de Pan et les maracas sont traditionnellement utilisées pour accompagner les danses.

  Gammu burwi, la flûte de Pan: 14 longueurs croissantes de bambou sont réparties dans un ordre particulier pour former deux paires de flûtes. Chaque paire comprend une flûte de 4 éléments et une flûte de 3 éléments. Deux musiciens, utilisant chacun une des deux paires peuvent ainsi disposer d'une gamme complète.

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  Les maracas, sont réalisées à l'aide de petites calebasses décorées dans lesquelles on introduit de fins graviers. Un petit manche est fixé à l'aide d'un tressage de fibres.

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  Dans la tradition, six hommes et six femmes dansent, les hommes jouant de la flûte tandis que les femmes rythment les pas en agitant des maracas.

  Les danses sont une des expressions de la religion, elles se référent à la nature et sont pour la plupart inspirées par le comportement des animaux de la jungle ou par le vol de certains oiseaux.

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Légendes des photos:

Nº 1, 2 et 3 prises à Ukup Seni - novembre 2011

Nº 4 et 5 à Achutupu - février 2011

Nº 6 à Achutupu - janvier 2010

Nº 7 à Ailigandi - mars 2010 - Sous l'oeil de leur professeur d'artisanat et de culture kuna les jeunes de l'école nous font une démonstration

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