Partager l'article ! Aux San Blas, Ulu, la pirogue des Kunas (2): Taillées dans un seul tronc de bois dur, ce travail est confié à un charpentier spécialiste. Il ...
Taillées dans un seul tronc de bois dur, ce travail est confié à un charpentier spécialiste. Il utilise une herminette et sa machette pour tailler et creuser.
Afin de vérifier que l’épaisseur reste régulière, ce qui garantira un bon équilibre du cayuco, des perçages sont pratiqués à plusieurs endroits puis obstrués par des chevilles. L'extérieur et le fond sont enduits de goudron. Les autres parties intérieures et surtout la proue seront, pour les plus remarquables, décorées de beaux motifs colorés.
Eléments importants de la pirogue, la pagaie qui sert de rame ou de safran, et les voiles, souvent cousues avec des tissus divers. La
variété des calicots publicitaires récupérés, des bouts de vieux spis offerts par les navigateurs de passage, des sacs de riz ou autres, assemblés efficacement pour en faire de vraies voiles,
leur donne un charme tout particulier.
Les Kunas sont de vrais marins, il faut les voir naviguer au plus fort de la saison des alizés, remontant au vent dans les vagues
de la mer formée. Les fesses au ras de la vague, un équipier, parfois son gamin ou sa femme, est au rappel, agrippé au trapèze. Tandis que lui tire sur son kami d'une main forte et sûre,
pendant que de l'autre il écope, avec une moitié de calebasse, les franges de mer qui cherchent à les engloutir à chaque creux qui passe.
Note:
* L’arbre le plus couramment utilisé est l’espavé (Anacardium excelsum) Il tire son nom de la déformation de l’expression espagnole "es para ver", traduire par "c’est pour voir". Du temps de la colonisation, ces grands arbres qui dominent la forêt vierge servaient de poste d’observation.
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