Kalu Obaki Cabañas, un lodge typiquement Kuna aux îles San Blas.

Publié le par michel-lecumberry

   Cet article va se ranger dans la rubrique «Mes bons plans, bonnes adresses et coup de cœurs ». Pour un coup de cœur, ce fut un sacré coup de cœur !

   Txango, le petit voilier tout blanc s’est un peu gelé les fesses dans les eaux canadiennes durant quelques mois. Il a bien gagné le droit de se réchauffer aux eaux turquoise des Caraïbes. Après un ripolinage de printemps, au son de la salsa envoutante des quais de Cartagena de las Indias (Colombie), le voilà qui se glisse, chaloupant entre les récifs de coraux, vers son premier mouillage dans l’archipel des San Blas.

   Jour de Noël 2001, l’ancre tombe mollement tout près d’une île encombrée d’un village de Kunas.
   La chaine pas encore complètement mouillée, qu’un petit ulu*1 s’en vient vers nous. Le bonhomme râblé, maniant la pagaie avec la régularité d’une montre suisse nous aborde chaleureusement d’un sourire communicatif: Hello ! How are you ? Where are you from ?
   Pas possible, la girouette du voilier a-t-elle perdu la boussole ? Sans le savoir, s’est-elle retournée, comme veste d’un élu du peuple, vers les eaux du littoral étasunien ? Non, quand même pas… Devant notre premier café partagé à bord dans cet archipel de rêve, l’homme jovial et volubile, cette fois-ci plus logiquement en espagnol, nous explique qu’une touriste anglaise l’a mis un jour dans ses bagages pour en faire durant sept ans son époux londonien. Le mal du pays et les trop longs jours de brouillard, l’ont décidé à revenir vers son île natale, il y a peu d’années. Il parle donc un bon anglais et cherchera dans la discothèque de bord les Stones, Rod Stewart ou encore Elton John et Bob Marley. Quelques jours plus tard, nous le verrons sur les pages de son album aux photos décolorées par l’air marin, cheveux sur les épaules, bandanas noués autour des poignets accompagnés de bracelets de macramés divers, grattant une guitare dans un square londonien. Notre futur ami Kuna est, à n’en pas douter, un sacré personnage !

   Nous sommes invités au repas familial du soir. Autant vous le dire, en trois ans de navigations aux San Blas, à cette époque ce genre d’invitation spontanée ne sera pas fréquent... La bouteille de vin chilien, tirée de la modeste cave de Txango, ne sera pas étrangère à la chaleur humaine de cette soirée inoubliable, éclairée par la Voie Lactée d’une voute céleste royale.
   Coco et moi ferons ainsi la connaissance de Yacinta, la femme kuna de Pablo, et de leurs enfants. Eux s’amuseront des heures durant notre séjour avec Eder, notre regretté matelot poilu aux quatre pattes vives et toujours joueuses.

   Jour de Noël 2016. Cette fois-ci, venant de Panama, c’est une bouteille de champagne chilien, qui descend du petit avion, en compagnie d’un sympathique couple de voyageurs que j’accompagne pour une découverte des San Blas. Nous la partagerons dans la bonne humeur avec nos hôtes Kunas. Pour Pablo, Yacinta et moi, bien sûr c’est la fête familiale annuelle mais c’est aussi l’occasion de trinquer à l’anniversaire de nos quinze ans d’amitié.
   Bien, pour ce qui est du coup de cœur, c’est fait ! Passons à la bonne adresse…

   Il y a quelques sept ou huit ans, suite à nos discussions sur les débuts balbutiants du tourisme au Panama en général et aux San Blas en particulier, Pablo décide de construire un petit lodge typique. Situé en bout de l’île qu’occupe son village Mamitupu*2, à peine séparé par une cocoteraie qui lui confère un agréable faux isolement, son terrain est idéalement bien placé, coincé entre les deux rives d’une mer tranquillisée par une barrière de récifs coralliens. Aidé discrètement (les fonds étrangers sont interdits dans les investissements sur le territoire autonome de Kuna Yala) par son "ex" anglaise toujours bienveillante , Pablo construit trois huttes dans l’esprit de la tradition et une grande case pour abriter cuisine et restaurant. Les Kalu Obaki Cabañas sont nées. C’est rustique, eau chaude ou air conditionné nulle part sur l’archipel, typique, familial et très chaleureux.

   Ajoutons que les Kunas, excellents cuisiniers, savent élaborer des plats simples et délicieux avec la production bio de leurs lopins de terre, situés à un jet de pirogue sur le proche continent. Une des collines, lesquelles dessinent au tableau maritime un arrière-plan aux couleurs subtilement dégradées, fournit l’eau douce aux robinets des villageois. Chaque hutte est donc équipée d’un coin douche. La mer aussi est généreuse, poissons, crabes géants et langoustes accompagnent le manioc, la pomme de terre ou encore le fruit de l’arbre à pain. Mida, la jeune femme qui aide Pablo et Yacinta, osera même vous proposer de goûter un jour le plat traditionnel kuna, le Dule Masi.

   Si l’on y va avec des enfants, ceux-ci aimeront beaucoup l’accueil amical et spontané des jeunes garçons et filles de la famille de Pablo et du village, toujours prêts à partager jeux ou parties de pêche.

   Si vous aimez aller à la rencontre de civilisations aux coutumes ancestrales, vivant encore à l’écart du tourisme de masse,
si vous aimez vous baigner dans une eau bleue cristalline, mettre un masque sous la surface pour observer la vie sous-marine ou encore aller vous balader dans la forêt pour découvrir des cascades,
sachez que les Kalu Obaki Cabañas ont toute leur place dans mes bonnes adresses et bons plans.

  Pour de plus amples informations, tarifs ou encore, le moment venu, une réservation, vous pouvez m’écrire par le bouton "contact" de ce blog, je vous adresserai en retour un e-mail personnel.
Notes :
  *1- Le ulu (prononcer oulou) c’est la pirogue en langue kuna. Voir ici et ici
  *2- J’ai déjà précisé dans d’autres articles qu’en langue kuna, comme en espagnol, le U se prononce OU et que dans ce cas précis, quand vous évoquerez vos souvenirs de vacances au Panama, il vaudra mieux prononcer comme il faut pour éviter de froisser les grand’mères de la famille à l’évocation du nom de ce village…

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MYRIAM TRICOIRE 24/01/2017 12:01

bonjour , nous serons au panama du 5 au 16 avril avec notre fils de 16 ans . nous aimerions visiter les san blas plutôt à la fin de notre séjour( weekend de Paques ). A la lecture de votre blog et de vos coups de cœur , j aimerais avoir plus d infos sur les kalu obaki cabanas .comment s y rendre ....cordialement Myriam

michel-lecumberry 24/01/2017 13:45

Bonjour Myriam. Merci de votre lecture et de votre consultation. Pour que je puisse vous répondre en message privé et vous adresser des documents, merci de m’écrire par le bouton « contact » situé en haut de page afin que j’aie votre adresse mail. Cordialement. Michel

Ducrocq alexandre 09/01/2017 12:12

Bonjour, nous partons au Panama du 20 février au 7 mars .Nous commençons à préparer notre voyage car nous cherchons du dépaysement (parti en cuba fin 2016 est beaucoup de déception de ce séjour car trop touristique et cher )Pourrions nous prendre contact ensemble?
merci

michel-lecumberry 09/01/2017 14:24

Merci pour votre lecture du blog. Bien sûr qu'il est possible de nous contacter, je vous adresse immédiatement un mail en privé. A bientôt.

arino 09/01/2017 06:11

Bonjour,
Nous visitons le panama du 8 au 25 fevrier 2017 et nous sommes un couple avec une fillette de 10 ans. Nous aimerions decouvrir les san blas avec les Kunas, ton recit nous a donne envie de voir le mode de vie des kunas. As tu des infos sur les disponibilites sur notre periode et les tarifs. Nous avons des petits budgets pour les 17 nuits passes au pananama (maxi 60 €) c est possible ?
Merci, sinceres salutations,

Cordialement

Melabnie et alex

michel-lecumberry 09/01/2017 11:06

Bonjour, merci de votre lecture et de votre demande d’infos, je vous adresse un message par e-mail personnel.Cordialement.Michel