Escapade 2016, un mois sur Namibie-Botswana. (Semaine 3)

Publié le par michel-lecumberry

 Mardi 13 septembre. Plus longue étape du circuit, 550 km pour rallier Etosha. Entre quelques haltes sympas, l’évocation des souvenirs tout chauds du Delta de l’Okavango et l’impatience d’entrer dans le fameux parc, les sept heures de route s’effacent vite.

  Juste avant d’arriver, détour par le supermarché SPAR de Tsumed. Petit caddie pour remplir la glacière et le panier, impératif, ne pas être obligés de revenir dans les restos des camps pour les repas de midi. Nous préférons les zones protégées prévues pour pique-nique et toilette, seuls endroits où l’on a le droit de sortir du véhicule. A 15 heures, barrière de la Von Lindquist Gate, formalités d’entrée, simples et rapides, très vite après nous voilà au campement Namutoni. Ancien fort militaire allemand. Bagages à peine ouverts, douche rapide et hop, direction le point d’eau de Chudop. Belle introduction, un spectacle de réception qui en dit long sur ce qui nous attend les jours prochains.

  Un peu déçus, l’absence de kitchenette dans les bungalows nous oblige à diner au restaurant. Comme redouté, on ne se sent pas seuls… mais bon, le buffet est à la hauteur. Nuit d’impatience.
  Mercredi 14 septembre. Comme toujours dans les parcs, nous voilà dans le tiercé de tête des 4x4 qui attendent l’ouverture de la barrière. Piaffants comme chevaux de course dans les starting-gates, comparant cent fois la montre du tableau de bord avec l’horloge aux aiguilles immobiles placardée au mur. Celles-ci sont réglées chaque semaine en fonction de l’heure du lever du soleil. On peste un peu, le soleil déjà visible, le préposé un peu nonchalant, 10 minutes de retard ! Vite filer vers la première piste choisie hier soir sur le plan du parc, la boucle du Fischer’s Pan.
  Coup de frein ! Sur un arbuste aperçu un Calao, le bec jaune à peine décelable, semble vouloir s’éveiller. Voix intérieure "pourrait peut-être s’envoler et passer devant le disque incandescent ?". Bingo! transmission de pensée ? Il décolle ! Premier cliché du jour. Et des clichés, pour sûr, il y en aura d’autres aujourd’hui.

  De pistes en points d’eau, chemin des écoliers entre les deux camps pour atteindre Okaukuejo avant 18 heures, fermeture prévue de la détestée barrière. Comme nous y resterons deux nuits, nous pourrons revenir demain sur les sites estampillés "intéressant" durant la journée.
  Jeudi 15 septembre. Hier soir, au centre d’accueil, sur le registre où sont consignées des observations intéressantes faites dans la journée, je note : huit lions au point d’eau Homob. Vers où pensez-vous que se dirige le Toy’ Hilux sitôt passé la barrière, même pas encore au maxi de sa position verticale ? Sillage de poussière sur 28 km. Sur le site, personne encore. Luxe, que d’avoir le choix… Nous prenons place en bordure de la piste étroite, au plus près du point d’eau, sous l’unique arbre visible un kilomètre à la ronde. Il couronne un buisson touffu. Si nous devons rester en planque, son ombre nous permettra de passer ici une bonne partie de la journée.    Très vite, à une centaine de mètres, nous distinguons la présence des fauves, couchés dans les herbes hautes qui bordent le petit point d’eau. Visions furtives, décision immédiate : on reste le temps qu’il faudra, ils finiront bien par bouger. Jackpot !

  Deux males et six femelles feront le spectacle à tour de rôle, puis par petits groupes, tout au long de la journée. En point d’orgue, à pas feutrés, une belle lionne s’approchera pour partager avec nous l’ombre bienfaitrice. Une heure plus tard, soleil presqu’au zénith, un beau male fera lentement le même trajet. Tout près, en inspection des lieux, il fait le tour du buisson. Disparaît. Suspens, va-t-il rester du mauvais côté ? Non, super coopératif, il revient et se couche. Visible dans le rétroviseur extérieur, il est à moins de dix mètres. La lunette arrière du pick-up est malheureusement occultée par le caisson en alu qui sert pour les bagages. Avec de multiples contorsions, je passe sur la banquette arrière et sors bras et buste par la vitre ouverte pour admirer l’animal, appareil photo en main. Il est si majestueux, je me dois de lui tirer quelques portraits…

  Un stock de voitures, hérissés de téléobjectifs, s’étire maintenant tout au long de l’étroite piste. On doit nous envier sous les tôles surchauffées… et maudire un peu ce 4x4, escamoteur de vue… Le monde, c’est bien connu, appartient à ceux qui se lèvent tôt…

  Autre spectacle notoire. Dans l’après-midi, deux éléphants arrivent pour boire et prendre leur bain de boue. On le sait, lions et éléphants ne partiront jamais en vacances ensemble… Le spectacle devient cocasse. Les rois de la jungle se font tout petits, poussés par les grandes oreilles qui s’agitent façon épouvantail. Fesses serrées, il leur faudra déménager un peu plus loin. Les pachydermes partis, sûrement vers quelques arbustes à effeuiller pour le diner, la troupe reprendra sa place, cachée dans les herbes. Nous les abandonnons pour aller visiter un ou deux autres points d’eau sur le chemin de retour et profiter de la belle lumière des golden-hours

Vendredi 16 septembre. Avant de nous diriger à l’ouest, pour atteindre en fin d’après-midi Dolomite Camp, récemment ouvert au public, détour par Homob. Plus là, nos amis lions sont partis vers de nouvelles aventures.
  Sur la piste du retour, pas encore fréquentée à cette heure-ci, surprise ! A quelques mètres sur la droite, péniblement, un lion traîne entre les pattes une proie.

  Ralentir à sa hauteur et se caler sur sa vitesse, la poupée de chiffon désarticulée qu’il balade s’avère être un girafon. En pleine fringale, le fauve cherche visiblement à rejoindre l’ombre d’un arbre repéré.  Il souhaite faire son casse-croûte, tranquille, en retrait de la piste. L’arbre, unique sur la zone, est sur la gauche, il va lui falloir traverser. Faire quelques mètres plus vite que lui et arrêter le moteur. Le voilà qui longe lentement notre observatoire. Crépitent quelques photos sympas. Lui, continue son chemin de croix.  Même manège pour nous. Là, visiblement pas content, il laisse tomber sa proie et fait face : "Vous voulez bien me lâcher les baskets ?". OK, OK, seulement deux ou trois clichés de plus. De si près, faudrait pas trop l’énerver quand même… ça peut bondir rapide un lion… on obtempère à sa supplique. Pas d’autres voitures en vue, désormais peinard, il va pouvoir traverser la piste pour rejoindre son aire de pique-nique privative.

  Les 170 km de pistes pour atteindre Dolomite Camp, parsemées de points d’eau, souvent artificiels, procureront encore de belles observations.

  Au cours de ces quatre jours passés à Etosha, seul le léopard manquera à l’appel pour ce qui concerne les grands fauves. Les superbes observations et leur grand nombre compenseront amplement cette absence. Nous resterons avec nos souvenirs de ce gros chat au Parc Kruger, il y a deux ans.
  Samedi 17 septembre. Galton Gate, sortie ouest d’Etosha, cap au sud ! Elles sont plus larges et plus roulantes, mais pas fini les pistes… Non loin de là, nous avons prévu de faire halte chez des Himbas. Histoire de laisser quelques sous, c’est un village qui s’occupe de recueillir des orphelins et d’alphabétiser les jeunes. Il y a une petite case-école. Nous partageons quelques trop courts mais sympathiques moments. Reprendre la route avant que n’arrivent les premiers minibus de touristes. Direction le Damaraland. Nous passons la fin de journée et une douce nuit africaine au Huab Lodge.

  Dimanche 18 septembre. Plus au sud, nous rejoignons dans la matinée le Kipwe Camp. Nichés dans un amas d’énormes rochers, le lodge aux neuf bungalows est invisible de loin, tant il est bien intégré au paysage. Leur très réputé "elephant nature drive" se déroule le matin et dure cinq heures. Le programme de route du lendemain ne nous permettra pas, hélas, d’aller observer les éléphants du désert. Heureusement, un couple de voyageurs allemands est dans le même cas, la gérante de ce superbe lodge nous organise gentiment un tour spécial cet après-midi. Entre deux traversées de paysages lunaires, l’excellent guide nous offre une heure au beau milieu d’une troupe de ces éléphants un peu différents. Les facéties d'un éléphanteau clownesque déclenchent de belles séances de rires.

  Demain, nous ferons route vers Walvis Bay, sur la côte Atlantique.

A suivre


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