Sur la route du rhum au Panama, visite guidée de l’Hacienda San Isidro, suite

Publié le par michel-lecumberry

  Plus loin, en effet moins folklorique, la charrette fait place à de gros camions, le trapiche à une usine moderne. L’exploitation ne se résume donc pas aux champs aperçus… en fait, elle ne compte pas moins de 1700 hectares de canne à sucre !



  La lourde odeur de mélasse nous attire vers les aires de fermentation, à base de levure maison, et de distillation. Pour cette dernière, les quatre cylindres verticaux délivrent un alcool au titre élevé mais sans beaucoup de saveur (doux euphémisme…), il servira à l’élaboration du trivial Seco Herrerano®, tant présent dans le quotidien du peuple panaméen. La petite flasque, glissée par routine dans la poche révolver du pantalon est souvent appelée "mi medicina". Remède contre le spleen ou contre le coup de barre lors des fêtes à rallonge ?


   Un cran de noblesse au-dessus, l’alcool de mélasse sera utilisé pour la fabrication d’un rhum de qualité. Le Ron Abuelo®, fierté de la maison ! Ce qui nous mènera vers les caves de vieillissement. Cinq énormes entrepôts, les "bodegas"*, couvent jalousement des milliers de barriques de chêne clair, importées spécialement pour le vieillissement. Il y a des 7 ans d’âge, des 12 ans et, top du top, le Centuria®. Ce dernier va sommeiller 20 ans, dont les cinq derniers en vieilles barriques achetées dans divers pays pour avoir déjà vieilli, par exemple, des Whisky, Xérès ou Cognac.  Raffinement ultime pour obtenir des saveurs différentes.




  Enfin, "La" visite du saint des saints. Une autre "bodega" referme le trésor de guerre de l’hacienda, des fûts rangés en pyramides immuables. Un curieux cycle de transvasements périodiques, pratiqués de haut en bas, va accélérer le vieillissement pour obtenir un Rhum 30 ans d’âge !



   Restait à découvrir les saveurs de ces précieux breuvages. Dans la salle de réception, après un repas typique du Panama, s’organise une séance de dégustation. Sous l’autorité de notre sympathique et compétent G.O., nous apprendrons à différencier quatre cuvées différentes. Il y a de plus désagréables corvées, croyez-moi… Et, avant de quitter nos hôtes, quelques achats de bonnes bouteilles plus tard, chacun de se voir remettre un diplôme personnalisé, attestant que le récipiendaire est devenu un vrai connaisseur du fameux rhum Abuelo®. Le meilleur du Monde ! Vraiment ?

Note:

*- traduction de l’espagnol : cave, soute à bagages (avion) ou encore cale (bateau). Passé dans le français comme bar (ou cave) à vin.

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